Le Marwari : le cheval aux oreilles en croissant de lune

Marwari

Le Marwari, aussi appelé Malani est une race de chevaux originaire de la région de Mârvar en Inde. Il est facilement reconnaissable et très largement réputé pour ses oreilles en croissant de lune. D’où vient-il ? Quelle est son histoire ?

Origines, descendances et légendes

Le cheval de race Marwari est originaire de la région de Mârvar, en Inde. C’est l’un des plus anciens chevaux du monde. En effet, l’équidé n’est pas arrivé sur les terres indiennes avec les envahisseurs venus des pays du Nord-Ouest. On l’a retrouvé mentionné dans des textes beaucoup plus anciens.

Il semblerait que la race soit le résultat d’un mélange entre des poneys
indigènes indiens et des chevaux arabes. Ces derniers auraient participé à
améliorer l’apparence des poneys tout en conservant leur résistance. En effet, ils étaient de petite taille, robustes mais de mauvaise conformation.

Il existe de nombreuses histoires concernant la création du Marwari. La
première veut qu’un navire contenant 7 chevaux arabes aurait fait naufrage au large de la côte ouest de l’Inde. Le district Mârvar aurait alors capturé ces chevaux et leur aurait donné son nom. Ils seraient les étalons fondateurs de la race.

L’autre raconte qu’un étalon Arabe noir aurait parcouru le désert et serait
tombé amoureux d’une jument à la crinière blonde. Par une nuit de croissant de lune, ils auraient fait naître des poulains aux oreilles de la même forme. Ainsi, la race vit le jour.

D’êtres divins à menacés

En 1193, les Rathores, chefs traditionnels de la région Mârvar et éleveurs
historiques du Marwari, ont été contraints de quitter leur royaume et de partir dans le désert du Thar. Afin d’assurer leur survie, ils ont été dans
l’obligation de s’entourer des meilleurs chevaux de la race, si bien qu’ils ont
suivi un strict processus de sélection.

Pour ces éleveurs, le cheval n’était autorisé à quitter le champ de bataille
que sous 3 conditions : la victoire, la mort ou pour emmener leur cavalier
blessé à l’abri. A l’époque, les chevaux étaient considérés comme des êtres
divins.

La période du Raj britannique est très compliquée pour la race équine. En
effet, il devient un cheval « sans précédent ». Les anglais vont le délaisser et vont notamment préférer le pur-sang. De plus, le nombre de cavaliers à cheval va diminuer jusqu’à disparition. Ainsi, le besoin en la race n’est plus et nombreux sont les animaux tués.

En 1950, les nobles indiens perdent leurs terres et abandonnent leurs
animaux entraînant la vente comme cheval de bât, la castration ou l’élimination simple de ces équidés.

Dans les années 2000, la cavalière britannique Francesca Kelly sauve la race
en important le premier cheval Marwari aux États-Unis. Malgré les réticences des indiens qui ne facilitent pas les autorisations. Cependant, le processus se débloque doucement et permet à plusieurs chevaux d’arriver en France à partir de 2006.

Caractéristiques de la race

L’un des plus beaux chevaux au monde

Les chevaux Marwari étant originaires de différentes régions de l’Inde, on observe des différences importantes dans la race. La taille des animaux, par exemple, peut énormément varier allant de 1,42 m à 1,73 m.

Ce cheval est particulièrement reconnaissable grâce à ses oreilles, en forme de lyre, incurvées vers l’intérieure. Il est d’ailleurs le seul cheval à avoir de telles oreilles. Il est considéré comme l’un des plus beaux chevaux du monde.

Les membres de la race sont robustes et d’un entretien facile :

  • Les crins sont fins, le pelage est doux et soyeux,
  • l’encolure est fine, le garrot est puissant et court, la poitrine est profonde et les épaules droites,
  • le dos est solide et les reins musclés, la croupe est longue et inclinée vers l’arrière,
  • les jambes sont minces et fines, d’une bonne longueur et aux articulations plates,
  • les sabots ont la réputation d’être robustes, bien formés et denses,
  • toutes les robes sont acceptées. Pour autant, les éleveurs favorisent les chevaux pie et la couleur blanche est spécifique à l’usage religieux en Inde.

Tout comme l’American Saddlebred, la race peut posséder une allure supplémentaire. Elle se rapproche d’ailleurs de la sienne car il s’agit d’une sorte d’amble rompu.

Endurant et imprévisible

La race venue d’Inde a hérité de son ancêtre arabe l’endurance et la ténacité. Il est aussi imprévisible.

Egalement employé dans l’Histoire comme cheval de cavalerie, l’animal est remarqué pour sa fidélité et sa bravoure au combat.

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