L’éthologie équine : comment mieux connaître son cheval

Journée d'infos sur l'éthologie équine à Rennes

L’éthologie est une science assez récente puisqu’elle s’est développée essentiellement dans la seconde moitié du 20ème siècle. Au début, ce sont les espèces sauvages qui ont été observées. Ainsi, on connaissait mieux le comportement du zèbre que celui du cheval domestique.

Qu’est-ce que l’éthologie ?

Nikolaas Tinbergen, biologiste et ornithologue néerlandais, a posé en 1963 les questions fondamentales de l’éthologie. Pour lui, les comportements doivent être étudiés sous quatre aspects, qui définissent encore aujourd’hui les axes de la recherche :

  • Causalité immédiate : quels sont les facteurs internes ou externes qui déclenchent un comportement ?
  • Fonction : quelle est la fonction de ce comportement, quelle est son utilité pour la survie de l’animal à court ou long terme ?
  • Ontogenèse : comment ce comportement se met-il en place au cours du développement de l’individu ?
  • Phylogenèse : comment ce comportement est-il apparu au cours de l’évolution, est-il partagé avec d’autres espèces ?

Ne pas confondre éthologie scientifique et équitation éthologique

Le métier d’éthologue désigne le scientifique qui observe et analyse les comportements des animaux pour mieux les comprendre. Mais parallèlement, le mot « éthologie » a aussi été employé pour nommer une pratique d’approche du cheval et de l’équitation, qui s’appuient sur les observations scientifiques. Les professionnels qui enseignent cette pratique sont donc parfois appelés « éthologues » à tort.

L’équitation éthologique doit donc être bien différenciée de l’éthologie scientifique. Même s’ils sont complémentaires, les travaux de ces deux métiers ne sont pas similaires.

Que peut vous apporter l’éthologie équine ?

L’éthologie équine est une méthode de dressage basée sur la compréhension du cheval et le respect de celui-ci. L’objectif est de se mettre dans la peau de l’équidé, s’adapter à lui, à ses besoins et ses attentes. La relation entre l’homme et le cheval repose sur l’entente mutuelle : au lieu de le contraindre à obéir, le « chuchoteur » le convainc de faire de qu’il attend de lui. La pratique éthologique se veut non-violente. Elle crée ainsi une communication verbale et gestuelle plus douce avec l’animal.

Une fille caresse la tête du cheval

Cette méthode s’est démocratisée après la sortie du film « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » en 1998. Pourtant, il existe de nombreux détracteurs qui reprochent à cette pratique une régression en matière d’usages du cheval en le transformant en animal de compagnie. Elle serait de ce fait incompatible avec l’équitation sportive et de haut niveau.

Le succès de l’éthologie équine a par ailleurs créé un effet de mode, qui a engendré des dérivés de la discipline. Avec l’absence de codification, chaque cavalier oriente sa pratique éthologique et peut sortir de sa définition initiale. Des journées d’information et même des diplômes ont été créés pour contrecarrer ce phénomène.

Journée d’information en éthologie équine

L’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation) organise en collaboration avec Ethos, l’unité mixte de recherche en éthologie animale et humaine, et l’université Rennes 1, une journée d’information en éthologie équine. Le rendez-vous est fixé au vendredi 22 juin 2018 et est ouvert à tous.

La journée se déroulera sous le thème principal de la cognition et du bien-être du cheval. Ludwig Huber (Université de médecine vétérinaire de Vienne, Autriche) interviendra pour présenter ses travaux sur la cognition, et d’autres professionnels viendront témoigner sur le sujet.

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